en rouge comme toujours, les vraies
citations.
Rendons tout d’abord hommage au grand poète de droite Michel Sardou qui chantait naguère ces quelques vers prémonitoires :
«Dans un voyage en absurdie
Que je fais lorsque je m'ennuie,
J'ai imaginé sans complexe
Qu'un matin je changeais de sexe,
Que je vivais l'étrange drame
D'être une femme.
Femme des années 80,
Mais femme jusqu'au bout des seins,
Ayant réussi l'amalgame
De l'autorité et du charme.»
Bon, c’est vrai, les rimes sont pauvres et Michel Sardou est mort (1). N’empêche qu’il a rêvé, au moins une fois, qu’il changeait de sexe. Et surtout qu’il vivait cette métamorphose, « jusqu’au bout des seins » comme « un étrange drame ». On le comprend : ce doit être assez dramatique de devoir, tout à coup, du jour au lendemain, pisser assis, même si c’est le lot d’un peu plus de la moitié de l’humanité. Le triste présage sardolien (si je devais créer un adjectif en rapport avec le chanteur ce serait celui-là), s’est réalisé. La prophétie de l’horrible cauchemar de la perte ou du gain d’organes génitaux s’est accomplie dans une obscénité revendicative.
J’en viens au deux photos du jour. J’ai compté, il y a, en partant de la gauche vers la droite, huit nichons. Deux nichons atrophiés, deux faux nichons, et quatre vrais nichons nourriciers. Tout œil normalement exercé retiendra vite que les deux seins artificiels sont de loin les plus appétissants. C’est la grande tristesse de notre époque que chantait feu Sardou : beaux, certes, mais ils appartiennent à un homme ! Enfin, à un ancien mec devenu(e) une femme à coup de bistouri. Et qui milite dans la rue, avec une ancienne femme devenu(-e) homme – dont les seins évoquent à s’y méprendre ceux d’une poupée gonflable sortie d’un carton –, pour que (je cite le porte-parole du Mouvement d'affirmation des jeunes gays, lesbiennes, bi et trans, le « MAG ») « la transsexualité soit étudiée dans les écoles, de la même manière que l'homosexualité, durant les cours d'éducation sexuelle ». C’est très parisien, tout ça. J’imagine déjà la gueule de la mère de famille moyenne, crevée par son boulot, revenant chez elle, et surprenant son gosse en contemplation devant la photo de ces deux monstres de la chirurgie posant dans Paris, légendée ainsi par un inspecteur général de l’Education nationale : « Les femmes et les hommes sont des trans comme les autres, et inversement.» Et mieux encore, puisque ce sont les propos du « MAG », la légende ajouterait : « Une minorité dans la minorité. » J’imagine la mère expliquer fermement à son fils que la vie est ainsi faite : papa, maman ; maman qui veut être papa ; papa qui veut être maman ; «toi, petit con, tu feras ton choix, plus tard ! ». Comme on apprend bêtement, au CM2, sans contexte, que la Loire prend sa source au Mont Gerbier, que Napoléon a défait les Autrichiens et les Russes à Austerlitz, on enseignera un jour que la dame à gauche est un homme et que le monsieur à droite est une femme, juste pour une histoire de seins en trop ou qui manquent. Cette mère qui, justement, contemplait les siens – de seins – tandis qu’elle allaitait la chair de sa chair, sera obligée de nier l’importance de ceux-ci, de défier jusqu’à ses chromosomes pour plaire à des détraqués, qui ont pour seul angoisse existentielle « un désir de vivre et d'être accepté en tant que personne appartenant au sexe opposé », ainsi que l’OMS définit très formellement le transsexualisme.
Pas étonnant, dès lors, que les mamans, à qui l’on a volé l’instrument le plus visible de leur féminité, et donc de leur maternité, veuillent, elles aussi, exhiber leur poitrine. Une véritable poitrine qui ravitaille les nourrissons en protéines. Tandis que 400 trans défilaient les seins à l’air, plus de deux mille personnes se sont rassemblées un peu partout en France pour participer à la troisième édition de la « Grande Tétée ». Une opération destinée à promouvoir l'allaitement maternel, pour laquelle des centaines de femmes ont pu enfin dire aux trans, qui en étaient à leur douzième manifestation : «Nos seins sont peut-être naturels, nous nous sommes peut-être habituées à ce qu’ils pendent, mais au moins, ils donnent du lait ! » Le geste est assez ridicule. L’exhibition n’est jamais gratuite. Là, en prime, elle est symptomatique de notre temps, car elle fédère les revendications, avec, comme souvent, des enfants retenus en otages pour les besoins d’un cliché.
La « Grande tétée » est également un événement symbolique de l’époque, en ce qu’il rassemble des femmes de gauche et des cathos traditionalistes (la deuxième à droite a vraiment la tête de l’emploi). Il réunit celles qui courent dans les rayons des épiceries bio, comme celles qui croient que l’essentiel est dit par le curé, le dimanche matin. Toutes ont un point commun : elles luttent, à leur échelle, contre les organismes génétiquement modifiés et se battent pour la Nature, pour le lait maternel comme produit inviolable, mais principalement pour leurs nichons bio, pour leurs tétons dilatés et brunis comme des mégots de cigares. Et leur combat tombe plutôt bien. Car les trans désirent plus que tout être génétiquement modifiés. Sur leur carte d’identité, d’abord. Avant que la science ne leur offre une véritable renaissance phénotypique dans le sang. Avant que Bové et Hulot ne viennent faucher leurs seins en plastique.
En espérant qu’un génie trouve le moyen de court-circuiter, en plein cours de la vie, les lois de l’hérédité, les transgenres doivent pour l’instant se contenter du scalpel. Le scalpel qui mutile pour faire du bien. Celui de Mengele, passé en soixante-dix ans du statut de bourreau à celui de faiseur d’existence. C’est vrai qu’on voudrait bien rire à la vue de cette femme devenue homme (à gauche), dont la poitrine a été retirée pour imiter grossièrement un buste masculin. C’est vrai que ce torse semble avoir été photoshopé, en 30 secondes, par un malade, que ces mamelons vidés font penser irrémédiablement à des baudruches crevées. Or, ce n’est pas si drôle : cet homme-femme-homme est un(e) guerrier(e) moderne, une Amazone, qui a fait de l’amputation de sa poitrine l’outil d’une bataille morale.
Une bataille contre ces femmes qui donnent le sein en public et qu’on ne peut, malheureusement, croire sincères dans leur cause. Le lait, tu parles ! Elles agissent dans un seul but : montrer que leurs nichons sont réels. Qu’elles ne trichent pas avec la Nature. Elles n’avaient qu’à le dire, ces connes : les vrais hommes seraient venus les toucher pour soutenir leur gorge.
Toréador.
(1) : Michel Sardou est vraiment mort. En voici la preuve, il a rejoint sa mère Jackie au paradis, comme le prouve cette photo : link.